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Cette  formule n’est pas de moi mais de Paul Cuturello, je la reprends sans scrupules à mon compte tant je la trouve juste. Depuis mardi dernier est engagé à l’Assemblée le débat sur le redécoupage des 577 circonscriptions législatives.

Le Parti socialiste est en première ligne pour dénoncer le découpage taillé sur mesure pour l’UMP par Alain Marleix, secrétaire d’Etat chargé des collectivités territoriales. Désormais, il faudra à l’opposition 51,4% des voix pour que l’alternance ait lieu, contre 50,4% après le redécoupage Pasqua de 1986, qui était déjà favorable à la droite.

Dans les Alpes-Maritimes, il semble que l’UMP ait voulu anéantir toute possibilité à la gauche de gagner une circonscription. En cela on peut qualifier le redécoupage dans notre département, comme dans bien d’autres, de charcutage politicien.

1. Le cadre de la discussion dans les Alpes-Maritimes

• Nombre de circonscriptions inchangé.
• Rééquilibrage nécessaire pour tenir compte des évolutions démographiques intervenues depuis deux décennies dans les Alpes-Maritimes.

Deux hypothèses de travail étaient envisageables en partant des deux postulats fixés par le gouvernement.

La première : procéder à un nouveau redécoupage s’affranchissant de la situation existante, dont l’objectif serait d’aboutir à une situation cohérente territorialement et démographiquement.

La seconde : partir de l’existant et de procéder à un rééquilibrage en tenant compte des déficits de population dans certaines circonscriptions et du dépassement des limites démographiques dans d’autres. C’est l’hypothèse de travail que nous avions retenue dans la proposition initiale que la fédération du Parti socialiste a été amenée à faire dans la phase de concertation préalable. L’ampleur et la structure des déséquilibres démographiques rendaient tout à fait possible un tel redécoupage.

Chacune des deux approches revêtaient des avantages et des inconvénients, l’objectif étant un meilleur équilibre et une plus grande cohérence territoriale.

2. Le cumul des inconvénients à l’ Ouest

Le nouveau découpage proposé cumule les inconvénients des deux approches. Le découpage PASQUA aurait laissé la fameuse 3ème circonscription dite circonscription « hippocampe », symbole de ce que peut être un charcutage électoral. Cette circonscription est supprimée. De fait, si les déséquilibres démographiques sont – partiellement – corrigés, par le projet actuel l’existant apparait largement bouleversé, sans que la cohérence territoriale ne soit renforcée. Au contraire, de nouvelles incohérences apparaissent.

Le « pêché originel » de ce redécoupage est le refus de suivre la logique démographique et territoriale à l’ extrême Ouest du département, là où le déséquilibre était le plus important entre la 9ème circonscription, la plus peuplée du département (160.595 habitants) et la 8ème circonscription, la deuxième la moins peuplée. Un système de vase communicant entre les deux territoires apparaissait le plus logique. D’autant que le transfert du canton du Cannet de la 9ème vers la 8ème aurait abouti à un rééquilibrage très satisfaisant au niveau démographique, qui aurait ramené les populations des deux circonscriptions à un chiffre proche de la moyenne départementale et qui aurait rétabli en outre une véritable cohérence territoriale car Le Cannet fait incontestablement partie du bassin de population cannois.

En évitant de faire ce choix, pour ne pas mettre en opposition deux députés sortant UMP (Bernard BROCHAND et Michelle TABAROT), la commission s’est aliénée toute chance de procéder à un redécoupage cohérent de l’ensemble.
La meilleure illustration de l’incohérence de la démarche est la séparation de la sous-préfecture des Alpes-Maritimes, Grasse, désormais séparée entre deux circonscriptions, les 2ème et 9ème circonscription, l’une très rurale, l’autre urbaine. Le temps des magouilles est de retour. Il n’échappe à personne que ce redécoupage, non seulement permet de préserver les intérêts de Mr BROCHAND et de Mme TABAROT mais modifie totalement la nature de la 9ème circonscription, qui a été la dernière retenue par la Gauche avec André ASCHIERI en 1997.

A l’Est du département et plus particulièrement à Nice, les choix n’apparaissent guère plus cohérents.

3. Le nouveau charcutage niçois

A partir du moment où il n’y a plus que 3 circonscriptions à Nice et qu’une circonscription de haut et moyen pays (la 2ème) est créée, il n’ y a plus aucune justification autre que politicienne au maintient d’une circonscription Nice-Montagne (la 5ème) ? La seule logique semble être de tailler un fief sur mesure pour Christian ESTROSI alors que des choix beaucoup plus cohérents pouvaient être faits, en particulier l’intégration dans cette circonscription du canton de Carros, qui appartient désormais à la deuxième circonscription au même titre que le canton de Saint Auban alors qu’il se situe dans un bassin d’emploi largement urbain et qui le sera de plus en plus dans les années à venir dans la logique de l’OIN.

A Nice, le redécoupage apparaît clairement comme politicien. En particulier celui de la 1ère circonscription (Nice-Est), traditionnellement la plus favorable à la gauche et qui avait permis en 2007 le seul 2ème tour pour le Parti socialiste . Le rajout de deux cantons de centre-ville (les 4ème et 8ème) très à droite n’est absolument pas logique d’un point de vue géographique. Il aurait été plus cohérent de rajouter deux cantons de l’Est de Nice (les 6ème et 13ème) et de laisser les 4ème et 8ème dans une circonscription regroupant le centre et le Nord de la ville.

Le rajout du canton de Contes à la 4ème circonscription relève d’ une certaine logique. La logique de continuité et d’équilibre territoriaux est respecté.

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Au final, ce redécoupage apparaît comme une occasion manquée d’organiser des circonscriptions électorales sur des logiques territoriales plutôt que sur des rapports de force politiques. Cela est particulièrement flagrant sur l’Ouest du département et sur la ville de Nice. Ce redécoupage est en outre marqué par une vision de court terme. Il n’y a aucune volonté de se projeter dans l’avenir et de tenir compte notamment des évolutions territoriales liées à l’OIN dans les plaines du Var ou d’une métropolisation qui respecterait la logique urbaine du projet actuel. Seul a compté la volonté de pérenniser la mainmise totale de l’ UMP en affaiblissant les 9ème , 5ème et 1ère circonscriptions, un peu plus favorables à la Gauche que les autres. Aucun détail n’ a été négligé.