C’est un dossier qui traîne depuis maintenant 14 ans. La responsabilité en incombe principalement à Jacques Peyrat qui tantôt en pratiquant l’outrance à l’égard de la communauté musulmane, tantôt en jouant la montre, a freiné des quatre fers l’édification d’une mosquée à Nice.

La religion musulmane est pourtant la deuxième religion la plus pratiquée dans notre ville et il n’existe pas de lieux de culte dignes de ce nom comme il existe des dizaine d’églises catholiques, protestantes et orthodoxes ou des synagogues. Cet état de fait est non seulement injuste mais il a aussi favorisé ce qu’on appelle communément l’Islam des caves, où le radicalisme se propage plus facilement que dans des lieux de culte institutionnalisés. Ceux qui prétendent lutter contre le fondamentalisme en s’opposant à une mosquée servent en fait les intérêts des fondamentalistes. Or je veux pour Nice la pratique d’un Islam apaisé.

Je veux pour Nice la pratique d’un islam digne dans un état laïc.  Je ne veux plus rencontrer de musulmans qui me posent la question de la mosquée , parfois gênés, parfois excédés, parce qu’au delà de la religion,  cette mosquée sera la reconnaissance d’une ville pour une partie de son peuple et de ses enfants.

Durant la campagne pour les dernières élections municipales, deux des trois principaux candidats (Christian Estrosi et moi-même) se sont clairement exprimés en faveur de l’édification d’une mosquée dans notre ville. Entendons nous bien, cela ne veut pas dire qu’une fois élu, j’aurais fait bâtir une mosquée. Nous sommes dans une république laïque et ce n’est ni à l’Etat, ni aux collectivités locales de construire des lieux de culte. Mais j’aurais favorisé la délivrance d’un permis de construire décent, au contraire de ce qu’a fait l’ancien maire qui pendant 12 ans s’est opposé à tous les projets, allant jusqu’à user de son droit de préemption sur un local qui devait devenir une salle de prière…  pour y faire un local à poubelles ! La laïcité ce n’est pas empêcher la pratique d’une religion.

Depuis son élection, le maire de Nice a été étonnamment silencieux sur le sujet. Le groupe « Changer d’ère » par l’intermédiaire d’Abderrazak Fetnan émettra donc un voeu à l’occasion du prochain Conseil municipal demandant à monsieur Estrosi de préciser les moyens qu’il compte mettre en oeuvre en faveur de l’édification d’une mosquée à Nice avant la fin de son mandat.

Ce voeu était l’objet de la conférence de presse de la semaine dernière, où plusieurs élus, Frédérique Grégoire Concas, Yann Librati et moi-même, entourions Abderrazak pour bien montrer qu’il ne s’agit pas d’une démarche communautariste, mais d’une vision politique de la pratique apaisée des religions monothéistes que nous voulons promouvoir dans un état laïque. France 3 a fait un bon reportage, plusieurs radios ont relayé l’information. Bizzarrement, pas une ligne sur Nice-Matin qui avait pourtant envoyé sur place Sylvie Beal et un photographe.

Il est clair que le maire a bien compris avant les élections l’intérêt électoral qu’il y avait à promettre une mosquée à la communauté musulmane, mais lorsqu’on est élu depuis 20 mois, les mots ne suffisent plus, et aujourd’hui, à l’instar de nos concitoyens musulmans, nous demandons des actes, un projet et un calendrier.