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Si les chiffres officiels avancent le total de 135, il se murmure que près de 200 vélos sur les 900 actuels que compte le parc auraient été volés. En septembre, les vélos se faisaient tellement rares que l’entreprise « veloway » a du communiquer en expliquant qu’elle rapariaient les vélos les uns après les autres pour modifier un sytème d’accrochage aux bornes à l’évidence défaillant, en tout cas inapproprié pour résister aux tentatives de vols des « sauvageons » locaux.

Devant ce phénomène qu’il n’avait manifestement pas prévu, ou tout le moins pas à cette échelle, Christian Estrosi a tenté de rassurer les niçois en rappelant que les vols de vélos étaient sans conséquence pour le contribuable niçois.

Pour donner de la crédibilité à cette affirmation, il faut aller lire la convention signée qui précise que « les risques liés à l’exploitation des vélos bleus sont entièrement supportés par la société Veloway ». Il a même menacé d’appliquer, le cas échéant, les sanctions prévues au marché. Enfin, il a annoncé l’arrivée de « 250 nouveaux vélos ».

Or, ces affirmations ne sont pas tout à fait exactes…ainsi que l’a bien vu JC Picard qui a travaillé avec moi sur ce dossier, sur les éléments que j’ai pu lui fournir.

Certes, le vol des vélos n’a effectivement aucun impact sur les contribuables, mais il en a évidemment un pour les usagers ! En effet, le cahier des charges du marché – élaboré par la ville – n’a pas prévu, comme l’a excellemnt décelé Jean Christophe Picard, avec lequel je travaille sur ce dossier, le remplacement immédiat des vélos disparus. Il est juste imposé au titulaire de renouveler l’ensemble des vélos « au minimum deux fois pendant toute la durée du marché » qui est de… quinze ans ! c’est là que la mairie s’est « faite avoir ». Nous poserons prochainement la question au Conseil Communautaire, mais il est bien évident que si ce marché est appliqué à la lettre, il ne restera plus beaucoup de vélos bleus dans quelques mois.

Ah le maire nous proposera certainement de mettre toutes les stations de vélos bleux sous vidéo-surveillance, mais vous imaginez le coût !

Quant aux sanctions que l’on agite devant le nez de Veloway, elles risquent de ne pas être très dissuasives… Le cahier des charges n’est, là non plus, pas très contraignant pour l’exploitant : les pénalités ne commencent à tomber que si le taux d’indisponibilité des vélos devient supérieur à 25 %.
En clair, sur 900 vélos, la ville tolère d’avoir jusqu’à 225 vélos en moins ! C’est hallucinant. Très sincèrement, nous n’avions pas vu cette question au moment où à eu lieu le vote en conseil.

De même, il n’est possible de résilier le marché que « si le taux d’indisponibilité est supérieur à 45 % », soit à partir de 405 vélos en moins !

Quid des 250 nouveaux vélos ? En fait, il s’agit de 300 vélos supplémentaires dont la livraison était prévue dés le départ. Sauf qu’ils avaient initialement vocation à renforcer le parc existant et non à remplacer des vélos disparus ! Or, ces vélos en supplément sont indispensables au moment où la ville devrait poser de nouvelles stations de vélos bleus.

Ces nouvelles stations sont pourtant cruciales pour la réussite du dispositif car elles seront de plus en plus excentrées par rapport au centre ville. Elles auront donc une très grande utilité, permettre de rabattre les usagers des vélos bleus sur le tramway. Et là, il y a une véritable cohérence.

On le voit, ce marché a été particulièrement mal préparé par la ville qui ne s’est pas montrée suffisamment prévoyante, ni assez exigeante par rapport à l’exploitant. Au final, chacun peut remarquer que les stations de vélos sont, la plupart du temps, désespérément vides…

Ce n’est pas sans conséquence à terme sur la perte de crédibilité d’un système qui apparaissait jusqu’à présent comme la réalisation la plus populaire de la municipalité Estrosi. Vous ne pouvez pas vous permettre, si vous êtes salarié, ou étudiants, de descendre à votre station de vélos bleus pour constater qu’il n’y en a pas, aller à la suivante, faire le même constat pour finir par revenir à pieds chez vous chercher votre voiture après avoir perdu 20 minutes de bon matin.

En conclusion, il y a urgence à redresser la barre avant que les vélos bleux aillent rejoindre le cimetière des bonnes idées gâchées par Estrosi qui commence à se remplir au grand dam de tous les niçois.