Quel avenir pour l’Agence Française de Lutte contre le Dopage
Les crédits accordés à l’Agence Française de Lutte contre le Dopage dans le budget 2010 alloué au sport viennent de baisser de 4 millions d’euros.
Qu’est-il advenu des beaux discours de la Secrétaire d’état aux sports affirmant sa lutte sans merci pour un sport propre ? Dans les faits, elle dépouille le meilleur outil de lutte contre le dopage de ses moyens de fonctionner.
Pourtant la lutte contre le dopage doit être une priorité. Affaiblir l’agence française anti-dopage, c’est remettre en cause un processus lancé sous le gouvernement de Lionel JOSPIN. C’est Marie-Georges Buffet, alors ministre des sports, qui a mené cette croisade et qui a influencé la lutte contre le dopage dans le monde pour aboutir à la création de l’Agence Mondiale Anti-Dopage en 1999.
C’est parce qu’elle a eu des moyens considérables que l’Agence a pu démasquer les tricheurs. Rappelez vous l’affaire Festina sur le Tour de France. Tout a basculé à partir de là. Même en Italie et en Espagne, deux pays plutôt conciliants jadis avec ces pratiques, les contrôles ont été multipliés. Il est vrai que ces deux pays ont payé un lourd tribu (Pantani, Ocana, Fuente, et tant d’autres plus anonymes comme Fabien Devooght). Les arrêts cardiaques se multiplient sur les stades. Les premiers contrôles positifs surgissent dans le tennis. De plus en plus de médaillés aux J. O. sont destitués a posteriori.
Chacun s’accorde à reconnaître l’utilité et l’efficacité de l’Agence française contre le dopage en France et en Europe, malgré le manque de coopération de certaines fédérations internationales. L’Agence paie-t-elle le prix de son indépendance ? Est-ce parce qu’elle est désormais crainte par certaines associations sportives dans sa lutte sans compromission contre la triche et le dopage ?
Très franchement, ces 4 millions d’euros là étaient très utiles pour promouvoir un sport propre, revenir à une éthique sportive plus forte.
Chacun doit comprendre que ce recul budgétaire très important a une signification. Cela veut dire qu’il ne sera plus possible à nos laboratoires de faire de la recherche qui permet de démasquer les nouveaux produits dopants. Si cela se confirmait, cela signifie que le nombre de contrôles positifs va chuter. Pas parce que le sport sera plus propre mais parce que il y aura moins de contrôles organisés et qu’ils seront moins performants.
Tous les amoureux du sport doivent dénoncer ce recul.




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