Modérer la consommation d’alcool chez les jeunes

Hier soir je suis rentré chez moi en passant par un escalier public. Il était minuit. Il y avait quatre jeunes assis sur les marches, deux adolescents et deux jeunes filles, dont une qui était sérieusement « imbibée ». Dans les marches trois bouteilles vides. Ils ne dérangeaient absolument personne, ne perturbaient pas la nuit.
Mais ils étaient sérieusement en train de s’abimer et je me suis dit qu’il n’y avait pas vraiment de réponses adaptées à cette question qui se pose avec de plus en plus d’acuité.
Avec la baisse de la consommation de cannabis, plus pour des raisons économiques qu’à cause d’une bonne prévention, la consommation d’alcool remonte chez les jeunes. En plus, je regardais, j’étais incapable d’évaluer leur âge. Moins de 20 ans à coup sûr mais après…et j’ai pensé à ceux qui vendent de l’alcool. La vente d’alccol est interdite aux mineurs. Mais il y a un tel écart entre l’âge réel et l’âge apparent des jeunes que c’est difficile. Les garçons sont plus grands, les filles plus précoces, les 15 ans en paraissent souvent 18. Il y a une vraie maturité physique et vestimentaire qui brouille les cartes. Un commerçant ne peut s’en sortir qu’en demandant la carte d’identité. C’est inapplicable.

Plutôt que de mettre en prison les parents, il faudrait au contraire les sensibiliser à cette question. L’école peut devenir un lieu pour un certain nombre de formations thématiques destinées aux parents le soir et liées aux grands fléaux et dangers qui guettent les jeunes comme la drogue, le sida, l’alcool, etc…
Toutes les études montrent que le rôle des parents peut être très efficace. Contrairement à ce que l’on peut croire, quand les parents affirment clairement qu’ils ne sont pas d’accord, les jeunes boivent moins. Les différences sont très nettes avec les parents qui laissent faire. Et surtout qu’on ne vienne pas me parler de milieu social. Les plus gros consommateurs sont les jeunes issus des milieux sociaux favorisés, enfants de cadres. Tout simplement parce qu’ils font plus souvent la fête, et qu’ils ont plus de moyens pour la faire.

Il y a en tout cas intérêt à se pencher sur ce problème. C’était ma réflexion de la nuit dernière au moment où j’imaginais la tête des parents quand la fille en question finirait par retrouver le chemin de la maison.

Situation des demandeurs d’asile: Inacceptable!

COMMUNIQUE DE PRESSE

La situation à laquelle sont confrontés depuis des semaines les demandeurs d’asile politique sur Nice est indigne de notre République. Il ne s’agit pas de sans-papiers mais de personnes en attente de l’attribution du statut de réfugiés politiques, censés être sous la protection de la République. Devant l’incapacité de l’Etat à assurer un hébergement minimal, les associatifs ont mis en place des palliatifs interprétés par le Préfet et le Maire de Nice comme une occupation illégale du domaine public ou un campement illicite.

C’est inacceptable et c’est inverser la responsabilité. Que l’Etat assume son devoir et ces campements improvisés et mobiles cesseront.

Patrick ALLEMAND

1er Vice-Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

 

En finir avec les outrances et l’échec!

Je suis de ceux qui pensent que la gauche doit se saisir à bras le corps des questions de sécurité. Il serait irresponsable de nier le problème, surtout dans une ville comme Nice, qui est loin d’être aussi exemplaire que son maire voudrait le faire croire à Paris.

Nous avons le devoir de faire des propositions parce qu’en dépit des déclarations martiales des responsables de l’UMP, la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy a échoué. Il a pourtant eu 8 ans pour faire ses preuves. Son seul but désormais est de masquer ses échecs par une surenchère sécuritaire stérile afin de retenir les électeurs du FN qu’il avait siphonné en 2007 et qui sont en train de rebasculer, comme l’ont démontré les élections régionales, notamment à Nice. Lui et ses disciples, Christian Estrosi et Eric Ciotti en tête, sont pour cela prêts à tout.

Tout l’été ils ont été particulièrement actifs. Mais tout le monde sait que la proposition de déchéance de la nationalité française est anticonstitutionnelle, que le Codé pénal prévoit déjà des sanctions contre les parents de jeunes délinquants, que les Roms expulsés dans des conditions indignes sont libres de revenir quand ils le souhaitent, que les maires, que M. Estrosi a le toupet de prétendre sanctionner alors que Nice fait partie du peloton de tête en matière de violences aux personnes, ne peuvent rien faire si l’Etat continue de supprimer des postes de policiers (3.500 cette année encore).

Cette surenchère ne résoudra rien, pas plus que la trentaine de nouveaux textes de loi, de plus en plus répressifs et parfois complétés par le zèle de certains maires, dont le notre, qui a multiplié les coups de « com » avec des arrêtés bidons (couvre-feu, artistes de rue, épiciers de nuit…).

Il est temps de faire aux Français des propositions réalistes, fermes mais débarrassées de toute démagogie. Il faut sortir de la vision simpliste sur le soi-disant laxisme de la gauche. Car il y a urgence. Certains quartiers ici comme ailleurs sont des poudrières parce qu’ils concentrent toutes les difficultés : le déficit d’éducation, de formation, le chômage endémique, la perte de l’autorité parentale…

La priorité est de rétablir une République du respect et agir simultanément sur 4 volets en leur donnant les moyens nécessaires.

- la prévention : notre société en fait de moins en moins, or plus une société doit intégrer, plus elle doit mettre de moyens dans l’éducation nationale, dans l’aide aux parents aussi

- la dissuasion : le priorité est le rétablissement de la police de proximité. Sa suppression par N. Sarkozy a été une erreur colossale. La police municipale peut y être associée. C’est la présence humaine qui empêche le passage à l’acte, pas la vidéosurveillance qui permet d’élucider

- la sanction : tout acte de délinquance doit donner lieu à une sanction. Cela peut aller de la réparation à la prison. Il faut endiguer ce flux de jeunes qui sortent de l’école à 16 ans sans rien, aucune formation, aucune règle éducative. Je vois deux pistes : la création d’un service civil républicain, obligatoire pour tous les non diplômés, et pour ceux qui ont déjà basculé, je ne suis pas hostile à l’idée de création de centres de redressement éducatifs, destinés à recadrer et à apprendre le respect.

- la réparation due aux victimes : ce n’est pas tant d’indemnisation dont je parle mais d’un soutien psychologique qui, bien souvent, ignorent tout de ce que deviennent leurs agresseurs et vivent dans la peur

Or, on ne peut construire, ni une société, ni l’avenir d’une ville sur la peur et sur les haines. Cela ne peut préparer que les drames de demain.

Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité

Le parti socialiste a signé cet appel au plan national.
Au plan local la fédération du PS 06 sera présente le 4 septembre prochain, tout au long des manifestations qui seront organisées.

Paris, le 4 août 2010

Une avalanche de discours et d’annonces provocatrices s’est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, on entend des propos qui étaient jusqu’à présent l’apanage de l’extrême droite. Le président de la République, lui-même, montre du doigt des communautés et des groupes sociaux entiers, stigmatise les Roms, les Gens du voyage, les étrangers, les Français qui ne sont pas « de souche », les parents d’enfants délinquants, etc. Ce faisant, il ne lutte en rien contre la délinquance, qui est répréhensible pour tout individu sans distinction de nationalité ou d’origine : il met délibérément en cause les principes qui fondent l’égalité républicaine, alors que déjà une crise sociale et économique d’une extrême gravité menace la cohésion de la société tout entière.

En quelques jours, les plus hautes autorités de l’Etat sont passées de l’exploitation des préjugés contre les Gens du voyage au lien, désormais proclamé, entre immigration et délinquance, puis à la remise en cause de la nationalité française dans des termes inédits depuis 1945. Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche s’inscrit dans une logique de désintégration sociale porteuse de graves dangers.

Il ne s’agit plus du débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, mais bien d’une volonté de désigner comme a priori dangereuses des millions de personnes à raison de leur origine ou de leur situation sociale. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique n’a reçu mandat de violer les principes les plus élémentaires sur lesquels la République s’est construite.

Parce que le seuil ainsi franchi nous inquiète pour l’avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappelons avec force que l’article 1er de la Constitution « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et que toutes propositions qui méconnaîtraient cette règle fondatrice de la démocratie constituent une atteinte à la paix civile.

Nous n’accepterons sous aucun prétexte que le nécessaire respect de l’ordre public soit utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires.

Nous appelons donc l’ensemble des citoyens de ce pays à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de « guerre » qui menacent le vivre ensemble. A cet effet, nous proposerons dans les prochains jours à la signature en ligne un « Appel citoyen » refusant toute politique de la peur ou de la haine. Et nous appelons à un grand rassemblement citoyen à l’occasion du 140e anniversaire de la République, le samedi 4 septembre Place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, pour dire ensemble notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun.

Signataires : AC ! Agir ensemble contre le chômage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association républicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Confédération française démocratique du travail (CFDT), Confédération générale du travail (CGT), La Confédération Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emmaüs France, Europe Ecologie, Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Fédération SUD Education, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d’Asile, Gauche unitaire, Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Marches européennes, Médecins du Monde, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAIDH), Réseau Education Sans Frontière (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts.

Reportage de France-Inter sur l’insécurité à Nice